
Patrimoine de Chaumont
L’église Saint-Étienne
Silhouette familière visible de toute la Sologne, l’église Saint-Étienne veille sur le village depuis plus de cinq siècles.
Bâtie aux XVᵉ et XVIᵉ siècles à l’emplacement d’un ancien monastère, elle se compose de trois parties : la grand-nef, le clocher et la chapelle seigneuriale. Restaurée avec passion au début des années 2000, elle offre aujourd’hui un remarquable témoignage du patrimoine solognot : charpentes exceptionnelles, peintures murales, briques rouges et noires disposées en losange…

XVe s.
Construction de la grand-nef
35 m
de long pour la nef
≈ 50 m
de hauteur pour le clocher
1581
date gravée dans la pierre
Un peu d’histoire
Du « Calvus Mons » à l’église Saint-Étienne
Des Carnutes à la restauration du clocher, retour sur les grandes étapes qui ont façonné l’église et le village.
- AntiquitéCalvus Mons
Le « Mont chauve » des Carnutes
Au plus loin qu’ils remontent, les historiens font état d’un Calvus Mons (Mont chauve) habité par des Carnutes. Sous domination romaine, ce fut un oppidum d’environ 500 m de diamètre entouré de fossés et de fortifications en bois dont le tracé est encore visible. Un reste des douves est toujours en eau au nord-ouest du village.
- IIIe – VIIIe s.Haut Moyen Âge
Des temps troublés
La période romaine fut prospère jusqu’à sa décadence au IIIᵉ siècle, qui provoqua bien des désordres, et jusqu’à l’invasion des Huns (à Orléans en 406). Sous Clovis et les Mérovingiens, le pouvoir royal s’effrite à chaque partage du royaume et l’Église pallie la carence de l’administration royale (abbayes de Micy, de Fleury, de Saint-Benoît, de Ferrières).
- VIIIe – XIVe s.Carolingiens & Capétiens
De Calmont à Chaumont
Sous Pépin le Bref, Charlemagne et les Capétiens, le pouvoir royal s’étend, s’organise et prend de l’autorité : jusqu’à la guerre de Cent Ans (1345), il y a des périodes de prospérité indéniables. Calvus Mons devient Calmont, puis Chalmont (et plus tard Chaumont-en-Sauloigne). La Tharonne s’appelait du vieux nom celte d’Aronna (eau rapide).
- 1167Abbaye de Micy
Deux églises et un monastère
Chaumont avait deux églises. En 1167, Dame Mélesinde les remet à l’évêque d’Orléans, qui les confie à l’abbaye de Micy. Il y eut alors à Chaumont un monastère dont les bâtiments conventuels, que l’on dit avoir été reliés à l’église par un souterrain, sont devenus l’Auberge de la Croix Blanche.
- XVe – XVIe s.Construction
Naissance de l’église Saint-Étienne
Alors que Chaumont dépendait de La Ferté-Nabert (Saint-Aubin), le monastère est remplacé par l’actuelle église Saint-Étienne, en partie construite avec des matériaux qui en proviennent.
Elle était bordée au nord par le cimetière (actuelle place Louis Blériot) et au sud par un caquetoire, qui figurait encore au cadastre napoléonien et a probablement été détruit au XIXᵉ siècle.
- 1581Le clocher
Une pierre gravée
Une pierre de l’embrasure de la fenêtre ouest du 1ᵉʳ étage du clocher est gravée d’une fleur de lys, de la date 1581 et d’initiales, laissées par quelqu’un qui, le pauvre, avait de bien tristes loisirs.
- 1727 → 1812Saint-Georges
La fin de la seconde église
L’autre église de Chaumont, dédiée à saint Georges, est jugée vétuste en 1727, interdite en 1786 et finalement détruite en 1812.
- Vers 1860La nef
Une fausse voûte gothique
La charpente de la nef subit un véritable traumatisme pour simuler une voûte gothique en plâtre : la suppression des entraits et des poinçons crée des poussées dans les maçonneries.
- 2002 – 2003Restauration
Le clocher retrouve sa superbe
Flèche consolidée, beffroi stabilisé, toiture refaite, horloges et cloches électrifiées… et un nouveau coq au sommet ! La nef et la chapelle seigneuriale ont elles aussi été entièrement restaurées.
Architecture
Un édifice en trois parties
La grand-nef
Du XVᵉ siècle, elle mesure 35 m de long, 9,20 m de large et un peu plus de 12 m de hauteur sous voûte.
Le clocher
Tour-refuge du début du XVIᵉ siècle, coiffée d’une flèche portant l’ensemble à près de 50 m de hauteur.
La chapelle seigneuriale
Du XVIᵉ siècle, elle forme au nord une excroissance de deux travées, aux briques disposées en losange.


XVe siècle
La grand-nef
Elle mesure 35 m de long sur 9,20 m de large et un peu plus de 12 m de hauteur sous voûte. La chapelle seigneuriale à deux travées forme au nord une excroissance irrégulière.
Le mur sud de la nef, d’environ 80 cm d’épaisseur, est constitué d’un mélange de briques et de moellons très fruste provenant probablement de l’ancien monastère ; il est renforcé par de sérieux contreforts.
La restauration
Sa charpente avait subi un véritable traumatisme vers 1860 pour simuler une voûte gothique en plâtre. La suppression des entraits et des poinçons a créé des poussées dans les maçonneries, dont des fissures (notamment au chevet) et l’altimétrie du faîtage donnaient la mesure.
Sablières, blochets, pieds d’arbalétrier et l’ensemble du chevalet entre nef et clocher étaient pourris et ont dû être repris. Il a fallu faire tomber la voûte en plâtre du XIXᵉ siècle, remettre en état la charpente, refaire la toiture et installer de nouveaux entraits et poinçons, ainsi qu’une voûte en lambris de chêne comme à l’origine.
Les portes donnant vers l’extérieur ont également été restaurées en effaçant des réparations peu esthétiques, et une porte murée a été ouverte au nord sur la place Louis Blériot.
Début du XVIe siècle
Le clocher
Plus récente que la nef, la tour est couronnée par une charpente exceptionnelle composée d’un pavillon à deux épis duquel émerge un lanternon à six pans couvert d’une haute flèche dodécagonale. Ce magnifique ensemble, visible de toute part, porte la hauteur du clocher à près de 50 m : on le dit être le point culminant de la Sologne.
L’intérieur de la tour mesure 5 m × 4,60 m à sa base. Elle est bâtie en briques et l’épaisseur de ses murs va en décroissant, de 1,10 m à la base à 0,65 m au sommet.
Construit alors qu’étaient probablement encore dans les esprits les raids du Prince Noir pendant la guerre de Cent Ans et que commençaient les guerres de Religion (1534-1598), le clocher est bien une tour conçue pour servir de refuge défensif, de grenier à grains et/ou de prison. Une pierre de l’embrasure de la fenêtre ouest du 1ᵉʳ étage l’évoque : elle est gravée d’une fleur de lys, de la date 1581 et d’initiales, par quelqu’un qui, le pauvre, avait de bien tristes loisirs.

La restauration
Réalisée en 2002 et 2003, elle a consisté à remédier à l’affaissement de la flèche sur ses poutres de base et à l’instabilité du beffroi, qui transmettait ses vibrations à la maçonnerie, à tel point qu’il avait fallu renoncer à utiliser la grosse cloche à la volée.
La charpente et le beffroi ont été consolidés, la flèche renforcée en sous-œuvre, les bois endommagés changés et tous les assemblages refaits. Les balustrades du lanternon et son sol ont été complètement refaits et recouverts de plomb, ainsi que les lucarnes du toit. Ce toit et la flèche ont été recouverts à neuf et une pointe de paratonnerre auto-amorçante a été installée.
Les horloges et la commande des cloches ont été électrifiées et sont commandées par radio depuis Francfort. Les maçonneries extérieures, parements de briques et pierres de taille, ainsi que les plombs et ornements ont été restaurés… et le clocher s’orne d’un nouveau coq !
XVIe siècle
La chapelle seigneuriale
Adossée au nord de la nef, la chapelle seigneuriale à deux travées se distingue par ses murs de briques rouges et noires disposées en losange, caractéristiques de l’architecture solognote.
La restauration
Les travaux ont commencé par la réfection complète de la charpente et de la toiture. Ils se sont achevés par le rejointoiement des murs extérieurs en briques rouges et noires disposées en losange.
Galerie photos
Trésors intérieurs
Vitraux, fresques médiévales, voûte en lambris de chêne… Cliquez sur une image pour l’agrandir.
Merci
Un savoir-faire salué
Tout au long de ces travaux, les architectes et artisans ont fait notre admiration. Leurs connaissances, leur expérience, leur intelligence, la passion avec laquelle ils ont travaillé, leurs scrupules et leur réel savoir-faire méritent félicitations et respect.
Nous remercions l’État, la Région, le Département et la « Sauvegarde de l’Art Français » qui nous ont aidés financièrement à réaliser ces travaux.
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